Le risque tempête

 
 

Une tempête correspond à l’évolution d’une perturbation atmosphérique (ou dépression). On parle de tempête lorsque les vents dépassent 89 km/h (soit 48 nœuds - degré 10 de l’échelle de Beaufort).

Une tempête se forme lorsque deux masses d’air, aux caractéristiques distinctes (température, teneur en eau), se confrontent. De cette rencontre naissent des vents pouvant être très violents.

Contrairement aux cyclones, les tempêtes peuvent continuer à se renforcer lors de leur passage sur terre.

Les tempêtes « classiques » des régions tempérées surviennent surtout au cours des mois d’automne et d’hiver ce qui explique la dénomination de « tempêtes d’hiver ». Elles sont notamment dues au fait que les océans étant encore relativement chauds et l’air polaire déjà froid, le gradient de température (taux de variation d’un élément météorologique en fonction de la distance) entre les deux masses d’air en jeu est important ; la puissance d’une tempête est d’autant plus forte que ce gradient est élevé.

Le passage de fortes tempêtes s’accompagne généralement de marées anormalement hautes générées par l’effet conjugué du vent et d’un état dépressionnaire très marqué. On parle alors de surcote (la hauteur d’eau est supérieure à la marée théorique). Aussi, la hauteur des vagues directement liée à la vitesse du vent, est susceptible d'entraîner d’importants dégâts : on considère ainsi qu’un vent établi soufflant à 130 km/h peut entraîner la formation de vagues déferlantes d’une hauteur de 15 m (au large).

Les pluies potentiellement importantes associées aux tempêtes peuvent également générer des inondations plus ou moins rapides, des glissements de terrain et des coulées boueuses.

En savoir plus sur les tempêtes sur le site de www.meteofrance.com

Quelles conséquences ?

Du fait de la pluralité de leurs effets (vents, pluies, vagues) et de zones géographiques touchées souvent étendues, les conséquences des tempêtes sont souvent importantes, tant pour l’homme que pour ses activités ou pour son environnement (les chutes d’arbres des forêts, les dégâts des habitats, des ports...). Le nombre de victimes peut être plus ou moins important selon le lieu, l’étendue et la puissance de la tempête. Les conséquences des tempêtes sont principalement économiques, car elles engendrent des arrêts ou des perturbations d’activités. Les destructions ou les dommages sur les édifices privés ou publics, les infrastructures industrielles ou de transports, etc., provoquent en effet des pertes financières importantes.

Le département de la Gironde régulièrement touché par les tempêtes

La Gironde est particulièrement concernée par le risque tempête, car elle présente une longue façade maritime, proche des perturbations venant de l’Atlantique.

Le passage d’une tempête crée une surcote océanique dangereuse pour les populations et les biens. De plus, la configuration en « entonnoir » de l’estuaire de la Gironde renforce l’onde de surcote : on observe une surcote plus importante à Bordeaux qu’à la pointe du Médoc.

Les deux tempêtes successives des 26 et 27 décembre 1999 (Lothar et Martin) n’ont pas épargné la Gironde :

  •  3 victimes décédées, 36 blessés graves et 2 299 personnes secourues ;
  •  des digues endommagées ;
  •  de nombreuses habitations inondées en bordure d’estuaire ;
  •  400 000 foyers privés d’électricité, dont plusieurs établissements sensibles (maisons de retraite) ;
  • 60 000 foyers sans téléphone – le retour à la normale s’est opéré 25 jours après ;
  • 111 000 habitations privées d’eau potable ;
  • les réseaux routier (surtout en Médoc et Haute Lande) et ferroviaire (y compris lignes TGVTrain à grande vitesse) fortement perturbés ;
  • 30 % (18 millions de m3) de la forêt abattue nécessitant l’intervention des forces armées (jusqu’en mars) pour dégager plus de 3 400 km de pistes forestières.

La tempête « Klaus » le 24 janvier 2009, et dans la nuit du 27 au 28 février 2010, la tempête Xynthia ont également eu des conséquences dramatiques notamment par les submersions marines qu’elle a provoquées. Elles étaient engendrées par un phénomène météorologique d’une violence exceptionnelle combinant quatre facteurs (un événement nocturne, des vents forts, une marée haute de forte amplitude et des basses pressions augmentant l’effet de surcote).

Que faire face à ce risque ?

La conception de l’habitat, une mesure préventive essentielle

La prévention la plus efficace pour lutter contre les effets des tempêtes consiste à respecter les normes de construction en vigueur afin d’améliorer la résistance générale des bâtiments à la force des vents (ancrage des toits et des cheminées, ouvrants équipés de volets ou persiennes, revêtement protecteur, etc.).

Dans les zones sensibles (littoral, vallées canalisant les vents, point haut...), la pente du toit, l’orientation des ouvertures, sont autant d’éléments de structure à déterminer en fonction des vents dominants.

Idéalement, une conception adaptée de l’habitat doit s’accompagner de mesures portant sur l’implantation et l’élagage des arbres proches (voire leur abattage dans le cas d’arbres vieux et/ou malades) et visant également la suppression d’objets susceptibles de se transformer en projectiles lors des rafales. De telles mesures s’appliquent également aux abords des voies de communication et des réseaux aériens de faible hauteur.

 

Les bons réflexes

 

AVANT

 

Connaître les consignes de sauvegarde et consulter les messages météo ;

Rentrer à l’intérieur les objets susceptibles d’être emportés ;

Gagner un abri en dur ;

Fermer portes et volets ;

Rentrer les bêtes et le matériel ;

S’éloigner des bords de mer et des lacs ;

Annuler les sorties en mer ou en rivière ;

Arrêter les chantiers, rassembler le personnel ;

Mettre les grues en girouette.

PENDANT

 

Ne sortir en aucun cas ;

S’informer du niveau d’alerte, des messages météo et des consignes des autorités ;

Se déplacer le moins possible ;

En voiture, rouler lentement ;

Débrancher les appareils électriques et les antennes de télévision ;

Ne pas téléphoner.

APRÈS

 

Réparer ce qui peut l’être sommairement (toiture notamment) ;

Couper branches et arbres qui menacent de s’abattre ;

Ne pas toucher aux fils électriques et téléphoniques tombés à terre.